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Bipolaire

Km 10’128, Azezzo, Ethiopie.

Bipolaire

Oui l’Ethiopie est ainsi: bipolaire. Entre le haut et le bas. Le riche et la misère… Moi je l’ai rêvée, je l’ai voulue, je l’ai désirée, j’y suis allé et je l’ai eue! Et maintenant que l’ai et que je la vois, ben je la vis. L’Ethiopie. Je la vis…

Bipolaire, entre la beauté de ses femmes, la stupidité de ses gosses, le partage que j’ai avec chacun de ses hommes, sa population qui, folle, gambade le long des route aux pentes à 1000 %, sa misère et ses hôtels de luxe à 8 dollars…L’Ethiopie est bipolaire. Entre le très haut et le très bas. Mais l’Ethiopie ne paraît pas. L’Ethiopie est. Elle est là, vivante et pas qu’un peu. Blessante parfois, touchante souvent. Belle, tout le temps. Et même bipolaire et incompréhensible, moi elle me plaît ainsi.

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10’000 km (notion d’émotion difficile)

Km 10’000, Méka, Ethiopie.

Au jour 159, alors traversant mon 12 ème pays et après plus de 560 heures de pédalages, j’ai pédalé cette après-midi le 10’000 ème km depuis Lausanne, Suisse.

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le km devint col, pays puis continent…

Une goutte de plus, un km de plus, un centime de plus… goutte après goutte la goutte devint flaque puis océan. Le km devint col, pays puis continent, le centime, immatériel je le rappelle, devint pièce et puis billet, et cumulé devint millier.
Et me voici en Éthiopie. J’ai pas fini de transpirer. En fait je commence juste de grimper. Et ces gosses qui courent, courent, derrière moi par « millier »…

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Difficile

Difficile de trouver sa place dans un pays comme celui-là. Un pays comme l’Éthiopie. Un pays qui m’a fait tant rêver par sa beauté. Un pays qui a connu famine et guerre, toujours misère, le pays des ignorés. Ces réfugiés que j’aperçois chez moi, sur qui l’on crache, et leur misère que l’on se cache. Parce que c’est plus facile.
Notre vie est tellement difficile. Suffit de voir, on se plaint tous de la météo.

Oui pour moi c’est difficile. Difficile à 25 ans de découvrir le monde tel qu’il est. Difficile de dire ma vérité telle qu’elle est. Telle que je la vis. Telle que je la ressens. Difficile de regarder cette femme me regarder, se faire belle pour moi dans l’espoir de quelques sous. Prête à tout. Se prostituer. Difficile quand tu viens d’un pays comme le mien… Qui a l’arrogance des tout grand. Mais n’en a ni la taille ni le talent. Si ce n’est beaucoup d’argent. Mais qui est toujours là pour t’expliquer la vérité. Celle d’une bulle protégée au milieu de l’humanité.

Difficile…

Difficile de refuser les sourires de cette misère, celui de cette mère. De ce gosse et son caillou qui me courent après.
Difficile de m’arrêter de pédaler dans un pays comme celui-là. Comme l’Éthiopie…
Difficile de vouloir être quand tu viens du paraître.
Difficile d’oser dire « difficile » en parlant de soit quand tu viens d’où je viens et que tu vois ce que je vois…

Reste l’émotion, celle que je deale à ce gosse avec un crayon que je lui donne, et son sourire qui soudain me surprend.

Reste l’émotion, pour ne jamais abdiquer. L’émotion de nos vies, notion d’infini défini. Celui de l’émotion. Elle t’emmène à travers le monde. D’où que tu viennes. Où que tu ailles. L’émotion n’est pas définie. Elle est infinie. Te surprend au tournant et ne te lâche plus…

L’émotion…

Olivier Rochat

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10’000 km après Lausanne… reste l’émotion!

Ethiopia

Km, 9976, Shehedi, Ethiopia.

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Ethiopia!

Welcome in Ethiopia!

youyouyouyouyouyou!!! Crient les gamins qui courent partout… ils m’ont vu passer sur mon vélo, m’ont salué de loin. Et puis le chef de la bande (un petit morveux qui parle anglais), à décidé de venir me rejoindre. Et toute la bande c’est lancée à mes trousses, en criant, youyouyouyouyou…

Finalement pas trop de problèmes. Un seul caillou sorti du tas, un seul « money » également. Mais de l’argent j’en ai mais je le donne pas comme ça. Simplement quelques ballons que j’ai emporté avec moi. Ici ils trouvent à qui parler et les gamins sont bien content. Le chef de la bande est gentiment mis de côté, les autres gamins n’ont rien d’effrayant. Et l’aventure pour prendre la photo que tout ces gamins (peut-être 30 ou plus) me demandent tant (ont ils déjà vu un appareil photo?). Impossible de les calmer, ils n’ont pas compris que sans courir ça va mieux…
Bref… Lire la suite

Ames de ma Route

Km 9328, Khartoum, Soudan.

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Déjà 3 semaines au Soudan

Finalement j’ai franchis le pas. Après une semaine de repos, j’ai enfin quitté mon paisible village de Wawissi pour rejoindre la grande Khartoum. C’est dans la poussière que je m’y suis un peu perdu. Mais j’aurais appris cette chose: ici on ne dit jamais « non ». Lorsqu’on ne sait pas, on invente. Mieux vaut mentir que dire « non »! Aujourd’hui il a fait à peine 35°C à Khartoum. Oui, à peine. Je crois que peu à peu je m’habitue au Soudan. Ces derniers jours il a fait 40°C mais depuis hier ça redescend et aujourd’hui je ressens un peu de fraîcheur. D’autant que le vent est violent. Mais « fraîcheur » par 35°C, pour moi reste une nouveauté. Les yeux ensablé je m’arrête à ce café, le » GAD café », pour me rafraîchir un peu.

Voilà déjà 3 semaines que j’arpente le Soudan à vélo. Avec Cargo par 40°C je descends le Nil, fait un détour dans le désert, admire les pyramides de Meroé, rencontre un Cobra. Il me regarde droit, me tire la langue et puis lorsque je le prends en photo, il se fait beau. Il est temps de partir à nouveau. Une piqûre de Cobra ça pardonne pas. Et moi, peu à peu, je prends le temps, je me fais lent. Mon km solitaire devient paisible, c’est peut-être le Soudan qui me pénètre. Je trouve enfin ce que je suis venu chercher. Le temps! Je croise quelques voyageurs et tous sont plus rapide que moi. C’est bien la première fois. Peut-être que je grandis…

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Nubie

Km 8367, Kerma, Soudan

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Nubie, soleil haut, soleil beau, soleil chaud, coup de soleil, intemporel, c’est le coup de coeur. La gentillesse des gens, l’incroyable « dépourvance » de méchanceté d’un peuple qui semble autant dépourvu de cruauté que de richesse, le nubien à un coeur qui me plaît. Il me paraît paresseux et l’avoue lui-même, souvent, modeste, il ne s’aime pas vraiment. C’est le premier être que je vois ainsi. Et lorsque je lui dis « mais j’aime le Soudan », il croit que je mens. Dommage. Il m’arrive de mentir. Mais il m’arrive aussi d’apprécier vraiment le coeur des gens. Et d’avoir envie de le dire… Me voici dans une cafétéria, le long de la route. Chaude route (soleil chaud, coeur chaud…Nubie Nubien) je bois un café. Je crois t’avais deviné. Me voici au coeur de la Nubie, au coeur, donc, d’un premier coup de coeur. Là où vivre me paraît impossible je crois apercevoir un coeur, ou peut-être une simplicité, que je n’ai que trop rarement aperçue là où vivre, au fond, n’est pas si difficile. Où vivre pourrait être simple et beau, mais devient force et course, dur, long et stressant… Course à l’abattoir, forcé de le dire… Stress au pourboire, longueur de nos vies. Oui je parle de chez moi, la belle Europe. Là où les gens se plaignent de ce qu’ils n’ont pas sans s’apercevoir qu’ils ont beaucoup trop. Que j’ai beaucoup trop…

Bref, le Soudan pour moi c’est un premier coup de coeur. Ou plus que le Soudan, la Nubie. Lire la suite