Yamoussoukro: Notre Dame de la Paix

Km 47’335, Yamoussoukro, Côte-d’Ivoire.

Je me suis brièvement arrêté à Yamoussoukro, capitale politique de la Côte-d’Ivoire. Une capitale singulière, unique, comme je n’en ai jamais vu jusqu’ici

Notre Dame de la Paix

Notre Dame de la Paix

Une capitale singulière

En effet en 1983 Félix Houphouët-Boigny, premier président ivoirien, décide de faire de Yamoussoukro, alors petite ville de province sans grands intérêts, la nouvelle capitale ivoirienne. Son emplacement central et le vœux de faire une capitale non-coloniale comme l’était alors Abidjan, l’ancienne capitale, en sont les principales raisons prononcées.

Aujourd’hui Yamoussoukro à certes un peu grandi mais ne ressemble toujours en rien à une capitale. Abidjan est une vingtaine de fois plus peuplée, reste le pôle économique du pays et toutes les ambassades s’y trouvent.

En y arrivant j’ai vraiment eu l’impression de voir une ville sortir de la savane et maintenant que j’y suis, l’impression n’a pas changé. Et puis c’est peut-être la première fois que je vois des routes si larges pour un trafics si faible en Afrique. Ensuite, bien sûr, c’est l’incontournable de Yamoussoukro : la basilique notre dame de la paix.

la basilique notre dame de la paix. la basilique notre dame de la paix.

la basilique notre dame de la paix.

La plus grande (haute) Basilique au monde

Un édifice gigantesque, monstrueux, qui était l’un des plus grand rêve du président Félix Houphouët-Boigny.

Un édifice gigantesque, monstrueux

Un édifice gigantesque, monstrueux

En effet la basilique de Yamoussoukro est reconnu depuis son achèvement en 1989 comme le plus grand édifice chrétien au monde, bien que la basilique Saint-Pierre à Rome puisse abriter plus de monde.

la basilique Saint-Pierre à Rome puisse abriter plus de monde.

la basilique Saint-Pierre à Rome puisse abriter plus de monde.

Cependant sa construction amena maintes polémiques en premier lieu à cause de son coût exorbitant : 150 millions d’euros soit 6% du budget annuel du pays à l’époque. Oui 6%!!!

sa construction amena maintes polémiques en premier lieu à cause de son coût exorbitant : 150 millions d'euros soit 6% du budget annuel du pays à l'époque.

sa construction amena maintes polémiques en premier lieu à cause de son coût exorbitant : 150 millions d’euros soit 6% du budget annuel du pays à l’époque.

 

Elle a été réalisée par 24 entreprises nationales et internationales entre 1986 et 1989. C’est la société Eiffel Construction Métallique qui a réalisé le plus grand dôme jamais construit. 1 500 ouvriers africains ont participé au chantier.

Le plus grand dôme jamais construit.

Le plus grand dôme jamais construit.

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La partie centrale de la basilique culmine à 58 mètres de hauteur avec cent mètres de diamètre, elle est surmontée d’un dôme de 90 mètres de diamètre, de soixante mètres de hauteur et d’une lanterne de quarante mètres de hauteur. Le poids total est estimé à 98 000 tonnes pour une hauteur de 158 mètres. La basilique peut contenir dix huit mille personnes dont sept mille assises.

La basilique peut contenir dix huit mille personnes dont sept mille assises.

La basilique peut contenir dix huit mille personnes dont sept mille assises.

Les sols sont entièrement revêtu de marbre sur 7 hectares, et les vitraux couvrent une superficie totale de 7400 m2, record mondial à la clé.

les vitraux couvrent une superficie totale de 7400 m2, record mondial à la clé. les vitraux couvrent une superficie totale de 7400 m2, record mondial à la clé.

les vitraux couvrent une superficie totale de 7400 m2, record mondial à la clé. 

La basilique de Yamoussoukro est un véritable chef-d’œuvre, mais peut-être aussi une absurdité monstrueuse, d’autant plus si l’on prend note que seulement 1 ivoirien sur 3 est chrétien et que la moitié d’entre eux ne sont pas catholique.

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La Basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoulro est un véritable chef d’oeuvre

Absurde et magnifique

Le pape Jean-Paul II a consacré la basilique le 10 septembre 1990. Comme condition, il posa la pierre angulaire d’un hôpital à construire près de la basilique. Cet Hôpital, dénommé saint Joseph de Moscati, en cours de construction depuis le 24 août 2009, ne fût livré qu’en janvier 2014. Soit 24 ans après la 1ere première pierre. La construction de la basilique, elle, ne pris que 3 ans.

Vous avez dit absurde? Un seul coup de pédale sur une route ivoirienne vous en convaincra.

Vous avez dit absurde? Un seul coup de pédale sur une route ivoirienne vous en convaincra.

Vous avez dit absurde? Un seul coup de pédale sur une route ivoirienne vous en convaincra.

Mais si un gouvernement, quel qu’il soit, est capable de mener à bien une telle entreprise en à peine 3 ans, n’est-il pas capable, en plus de 50 ans d’indépendance, de maintenir ne fût-ce que ses routes, ses hôpitaux ou ses universités?

L’Afrique a largement les moyens d’y arriver. J’en ai toujours été convaincu. Mais le veut-elle vraiment ?

Pour l’instant moi je me tourne encore sur ce dôme énorme, majestueux, extraterrestre, le plus haut sur Terre, que j’aperçois à plusieurs kilomètres, depuis une petite ruelle de Yamoussoukro. Quoi qu’on en pense, utile ou pas, dieu qu’elle est belle cette basilique. Perdue au milieu de la brousse ivoirienne.

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Je me tourne encore sur ce dôme énorme, majestueux, extraterrestre, le plus haut sur Terre, que j’aperçois à plusieurs kilomètres

Mais je crois qu’elle aussi se demande ce qu’elle fout là…

Mais je crois qu'elle aussi se demande ce qu'elle fout là...

Mais je crois qu’elle aussi se demande ce qu’elle fout là…

Olivier Rochat

Terre d’accueil

Km 46’974, Abidjan, Côte-d’Ivoire.

Des campagnes aux capitales, l’Afrique est parfois sans transition. Mais comme on à son habitude, elle me reste imple et rude. Souriante. Vivante et incertaine. Me voici à Abidjan, plus grande ville de Côte-d’Ivoire. Je quitte à peine les villages ruraux…

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Sans transition j’ai passé des campagnes ivoirienne à la plus grande ville de Côte-d’Ivoire, Abidjan.

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Rencontres dans la forêt tropicale

Km 46’498, Assuefri, Côte-d’Ivoire.

De retour sur les pistes je m’enfonce dans une Côte-d’Ivoire de plus en plus tropicale. Si la fine pluie de ce matin n’avait rien de désagréable en soit -sur la peau- elle a eu le doux mérite de transformer certaine portion de ma route en boue collante.

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De retour sur les pistes

Une boue qui s’agglutine mètre après mètre autour de mes pneus, puis de mes sandales. La couche est telle qu’il me faut rapidement dévisser mon garde-boue arrière car la boue s’y est tellement agglutinée qu’elle fait frein. Ma roue ne tourne plus.

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Ma roue ne tourne plus.

Et puis c’est bientôt près d’1 kg de boue qui s’agglutinent sous chacune de mes sandales avant de retrouver, très rapidement, une route un peu plus travaillée qui me permet de profiter de la beauté de cette région, de cette forêt qui m’entoure.

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C’est bientôt près d’1 kg de boue qui s’agglutinent sous chacune de mes sandales

Une sorte de jungle où seules quelques fleures tropicales, rouges, jaune, orange… viennent un peu couper du vert qui m’entoure. Je me dis qu’ici le vert est pour moi ce que le bleu est au marin en mer: très présent.Le bruit des vagues, lui, est remplacé ici par celui des oiseau et la solitude est constamment rompue dans chacun des quelques villages que je traverse.

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Une sorte de jungle

Et surtout, collines après collines, par la bonne humeur et le sourire omniprésent des locaux.

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Collines après collines

Ainsi ces derniers jours m’ont offert de belles rencontre dans cette Côte-d’Ivoire étonnante et agréable dans laquelle je m’acclimate ma fois plutôt bien. Les pagnes colorés sont portés par beaucoup, on me salue parfois deux fois: debout d’abord, et ensuite assis une fois que l’on sait qui je suis. Pour l’instant on est loin de la réputation souvent donnée à la Côte-d’Ivoire ou plutôt aux ivoiriens (ce que j’en ai entendu tout du moins): top 3 africains des plus gros arnaqueurs d’Afrique (avec Nigeria et Cameroun).

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Non ce que je vis ici est bien plus plaisant, entre la joie, la bonne humeur et l’énergie des ivoiriens et leurs accueil.

Non ce que je vis ici est bien plus plaisant, entre la joie, la bonne humeur et l’énergie des ivoiriens et leurs accueil. En effet hier c’est Ibrahim qui m’invite, en milieu d’après-midi, à m’arrêter dans le magnifique mais isolé petit village dans lequel il vit: Boudi.

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C’est Ibrahim qui m’invite, en milieu d’après-midi, à m’arrêter dans le magnifique mais isolé petit village dans lequel il vit: Boudi.

Finalement je passerai la nuit dans le village, profitant de la présence des jeunes avec lesquels je partage le thé dangereusement sucré, le café et puis quelques biscuits qu’ils me restaient.

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profitant de la présence des jeunes avec Profitant de la présence des jeunes avec lesquels je partage le thé dangereusement sucré, le café et puis quelques biscuits qu’ils me restaient.

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Enfin vient ce moment, gênant bien que touchant, déjà vécu la veille avec Sébastien lors d’une autre belle rencontre, du repas. Combien de fois ai-je partagé mon repas dans un petit village comme ça ? Des dizaines, certainement.

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Sébastien m’a accueilli avec sa maman

L’histoire est bien connue, les locaux sont fière de présenter leur nourriture à l’étranger, en l’occurrence le blanc. Mais l’histoire étant ce qu’elle est, la nourriture locale aussi, pas mauvaise mais répétitive pour ne pas dire fade au palet d’un occidental, peu de blanc la mange. Aussi les locaux sont souvent surpris lorsque je le fait. Mais ici on passe directement au stade supérieur : on me prépare des spaghetti juste pour moi. J’insiste pourtant, lorsque je comprends ce qui se passe, en leur disant que leur nourriture, ici une pâte de manioc, me suffit amplement. Mais impossible et puis un cadeau ça ne se refuse pas. D’autant plus que les spaghettis sont un peu aux cyclistes ce que le maïs ou le manioc sont à l’Afrique.

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leur nourriture habituelle, ici une pâte de manioc, me suffit amplement.

Et dans le village résonne une musique ivoirienne qui berce ma soirée, que quelques verre de Koutoukou, un alcool fort local à base de palmier, viendront sobrement terminer.

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Olivier Rochat

Mon Instant Plume

Km 46’455, Bondoukou, Côte’d’Ivoire.

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Il n’est qu’un instant

Il n’est qu’un instant
Flocon de décembre
Parfum de printemps
Ou merveille de septembre

Il ne dure pas
Et n’est que souvenir
Émotion qui n’est plus là
Émotion pour s’enfuir

Moi tu sais je le cherche
Cet instant fuyant
Je lui cours après
Ce moment présent

Aujourd’hui Côte-d’Ivoire
Et pi hier Burkina
Il est infini comme l’espoir
Et demain Libéria

Il est photo pour faire genre
« Regarde je suis toujours là »
Mais je me dois de la prendre
Quand lui est bien là

Car lorsqu’il arrive il crie tout haut
Regarde-moi
C’est moi le plus beau
Prend
-moi

Prend-moi

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Alors moi je le prend clic clac Et puis je m’en vais

Alors moi je le prend clic clac
Et puis je m’en vais
Mais comme une porte qui claque
Il s’est déjà consummé

Mon instant merveille
Au claire des Lunes
Ou au lever des Soleils
Mon instant plume

Lui l’animal des Terre
La girafe des plaines
Mon instant éphémère
Mon oiseau qui se traîne

Lui mon dauphin des mers
Des Méditerranée
Mon instant éphémère
Mon instant des espéré

Lui à peine arrivé
A peine aperçu
Est déjà consumé
Il est déjà perdu

Et sous un nouveau couché
De Soleil ou de Lune
Mon instant Liberté
S’en est allé sous la Dune

Mettre des mots sur les couleurs
Et des plumes sur les reptiles
Parce-que tu sais les fleurs
Poussent aussi au centre des villes

Et déjà il disparaît
N’en reste qu’un souvenir
Et puis un bout de mon trait
Et une photo, accompagnée du verbe écrire

Et déjà il est mort
Mais de sa vie qui n’a duré
Il nous reste encore
Et pour toujours, un parfum d’éternité

Celui d’un lever, d’un coucher
De Soleil ou de Lune
D’un instant Liberté
Et quelques lettres de ma plume

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Celui d’un lever, d’un coucher

Olivier Rochat

Côte-d’Ivoire

Km 46’271, Bouna, Côte-d’Ivoire.

L’Aventure continue en Côte-d’Ivoire, pays de verdure pour l’instant. Pays 25 sur le continent africain, dans lequel j’y pédale, peu après mon entrée, mon 40’000ème kilomètres sur le continent africain. Je me dirige dorénavant vers l’Atlantique.

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Voici 4 jours que je pédale en Côte-d’Ivoire où averses et soleil prennent sans cesse le relais l’un de l’autre. La saison des pluies continuent.

Voici un petit résumé après mes premiers jours de route:

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L’Aventure continue en Côte-d’Ivoire

Voici 4 jours que je pédale en Côte-d’Ivoire où averses et soleil prennent sans cesse le relais l’un de l’autre. La saison des pluies continuent.

Et si les paysages n’en sont que plus agréables, savanes verdoyantes et végétations omniprésentes, les routes non goudronnées, elles, n’en sont que plus défoncées.

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Les routes non goudronnées, elles, n’en sont que plus défoncées.

Après Ferkessedougou, ville du nord du pays, je m’embarque en direction du parc national de la Comoé. Je le contourne par le nord et découvre aussi une région de la Côte-d’Ivoire relativement isolée, aux routes défoncées et par conséquent, aux villages isolés.

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Je m’embarque en direction du parc national de la Comoé.

Tout au long de la route se suivent les postes de gendarmerie, et les gendarmes toujours curieux de mon voyage et désireux…de me prendre en photo.

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Les gendarmes toujours curieux de mon voyage et désireux…de me prendre en photo.

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On est bien loin ici du pays « moderne » que beaucoup me décrivent à tel point que certaines routes sont quasiment impraticable autrement qu’en deux roues.

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Certaines routes sont quasiment impraticable autrement qu’en deux roues.

Curieux, les ivoiriens m’abordent ou me saluent dans chacun des villages que je traverse, parfois même du haut de leur moto.

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Curieux, les ivoiriens m’abordent ou me saluent dans chacun des villages que je traverse,

« Hé le blanc d’où viens tu? » me lance-t-on dans un village.

« Ah moi je suis de Suisse! Je parcours l’Afrique à vélo ».

 » C’est un suissien (!), c’est un suissien (!) «  chuchote un homme derrière moi.

« Et quand tu rentreras tu seras milliardaire » ajoute un autre.

« Milliardaire ? Qui sait, si j’écris un livre… »

« Ah moi c’est sûr je l’achèterai ton livre », ajoute-t-il. « Mais il me faut ton nom, comme ça je le retrouverai ton livre ».

« Olivier. Moi c’est Olivier Rochat »

« D’accord, moi c’est comme le président: Mon nom c’est Ouattara. Alassane Ouattara. »

Et après quelques salutations supplémentaires je laisse cet homme, homonyme du président ivoirien, derrière moi et garde un peu de sa spontanéité pour aborder le prochain village ou/et poste de gendarmerie.

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Je garde un peu de sa spontanéité pour aborder le prochain village

Les collines s’enchaînent, les unes après les autres, aux portions sableuses suivent les flaques d’eau large comme la route et seul le bruit rauque des crapauds,aux abords des marais, dépassent le chant plus fin des cigales. Quelques babouins viennent par deux fois s’ajouter à ce faux silence, celui des savanes, et parfois celui d’une moto pétaradante vient me rappeler qu’ici et là se trouvent quelques villages.

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Les collines s’enchaînent, les unes après les autres, aux portions sableuses.

Et puis de cet après-midi canicule soudain surgissent les nuages, apportant au ciel de nouvelles couleurs. Et lorsque le vent se lève, lorsque la poussière se mêle à l’air des savanes, pas besoin d’être météorologue pour comprendre que bientôt, spontanément, l’orage va éclater. Alors, dans le premier village que j’aperçois je m’arrête. Je quitte ma route conscient que ce village, fait de maisons de terre au toit de pailles où seules quelques tôles ondulées et des bâches bleues viennent rappeler une importation de l’extérieur, est mon principal, si c’est unique, salut.

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Déjà les habitants regarde ce martien, enfin ce « suissien », se diriger chez eux mais tous on déjà compris ce qu’il vient faire là : s’abriter.

La spontanéité de la solidarité devance celle de la curiosité et c’est sur une chaise, à l’abri, que je répondrai aux innombrables question que me posent sans cesse les ivoiriens.

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Et si l’orage se fera encore attendre un peu ce soir, c’est ici, matelas dans une maison de terre, que je passerai ma nuit. Non sans avoir goûté, pour la 1000ème fois peut-être, à la pâte de maïs accompagnée d’une sauce épicée qui alimente la majorité des savanes africaines et dont la principale variante est plus de nom que de goût.

Et le lendemain -aujourd’hui-, je retrouve le goudron. Et avec lui, certainement, une autre Côte-d’Ivoire.

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Je retrouve le goudron. Et avec lui, certainement, une autre Côte-d’Ivoire.

Olivier Rochat