Km 13’598, Mubende, Ouganda.
J’ai pris le large, ce soir je fête mon 7ème mois sur la route. Me voici en Afrique centrale… Au milieu de rien, au centre de tout, en Ouganda. A Kampala, sa capitale, plus précisément… La saison des pluies continue son chemin entre violent orage et timides éclaircies, quelques éclairs de rage et pulsions d’infini. La mienne. Cette pulsion qui m’anime, qui me pousse à continuer. A continuer de rêver. A rêver de vivre. De vivre tout ça…Quitte à transpirer. Mais pour l’instant je me repose. Et même depuis quatre jours. Demain, déjà, je m’apprête à reprendre la route, en direction du Rwanda. Mais malgré leurs histoires à l’un comme à l’autre, au Rwanda comme à l’Ouganda, malgré leurs morts, leurs souffrances et tout le reste, ceci n’est pas un cri. Mais rien d’autre qu’un simple écrit qui n’a plus de maux, qui n’a plus de triste. Car on est pas mal en Ouganda, car on est pas triste en Ouganda… Juste les moustiques qui démangent quand même mes nuits. Pour le reste demeure l’infini d’un km renouvelé pour « l’éternité » jusqu’à sa fin. Enfin la mienne d’éternité, vulnérable et pitoyable. Inexistante. Mais bien vivant je continue, en direction du Rwanda cette fois. L’hémisphère sud n’est plus très loin…
Les roues dans la boue mais du feu plein les yeux, bienvenue en Ouganda, « The Pearl of Africa! » Une fois n’est pas coutume, j’ai entamé un détour de plus. Me voici maintenant en Ouganda, en route vers l’Afrique centrale. L’entrée est mythique, la suite l’est encore plus. Point de perles mais plein de boues, de l’accueil, du partage et de la solitude. Puis kilomètre après kilomètres les paysages sont de plus en plus beaux. Me voici maintenant à Mbale, exactement 150 kilomètres après mon entrée en Ouganda. Ma route est redevenu asphalte, la pluie est redevenu soleil un instant. Le calme est revenu me voici dans une petite ville…Je m’arrête respirer un instant. Mais l’Ouganda en 48 heures à peine je l’aime déjà.
50 kilomètres durant, traversant les forêts et chevauchant les falaises, il t’emmène jusqu’au hauts plateaux éthiopiens. A son pied tu y croise encore des chameaux, à sa tête, le vent te glace les membres. C’est le col du Tarmaber. 50 kilomètres d’ascension continuelle pour un dénivelé positif impressionnant de 2100 mètres. C’est sur la route d’Addis Abeba, capitale éthiopienne et fin de la deuxième étape de mon voyage, que je l’ai découvert…

Entre le Nil et moi c’est une longue histoire. Une histoire qui dure depuis plus de 2 mois et 4’300 kilmoètres. En voici la chute…
La chute du Nil… A 36 kilomètres de Bahir Dar, se trouvent les chutes du Nil. Superbe à admirer malgré le « peu » d’eau qui y coule en ce mois de février. En effet c’est la saison sèche en Ethiopie, la saison des pluies étant de juillet à mi-septembre. Mais peu importe moi je profite de quelques jours de repos à Bahir Dar donc je fais un peu de tourisme et c’est avec grand plaisir que j’ai pu admirer le Nil une toute dernière fois. Avant de le retrouver, peut-être en Ouganda, sous le nom de Nil Blanc… En effet, entre le Nil et moi c’est une longue histoire. En voici déjà la chute. A défaut de fin… Enfin on verra bien. En Afrique tout n’est que probabilité.