Archives de l’auteur : Olivier Rochat

Freetown

Km 50’264, Freetown, Sierra-Leone.

À Freetown, capitale de laSierra-Leone, j’ai profité de l’accueil d’Hunor pour me reposer un peu et admirer certaines des magnifiques plages qui entourent la ville, contrastant avec la réalité difficile de nombreux habitants.

Récit

de l'autre le vaste océan direction l'Amérique du sud

de l’autre le vaste océan direction l’Amérique du sud

Me voici au port de Freetown capitale spectaculaire de la Sierra-Leone. J’attends le ferry de cet après-midi qui me mènera, si tout va bien, de l’autre côté du fleuve où je continuerai ma route en direction de la Guinée qui m’impatiente déjà.

le ferry de cet après-midi qui me mènera, si tout va bien, de l'autre côté du fleuve

le ferry de cet après-midi qui me mènera, si tout va bien, de l’autre côté du fleuve

Freetown fut une ville particulière, je l’admet volontiers. Entouré à l’est par de magnifique collines qui surplombe la ville comme un mur puis à l’ouest par l’océan Atlantique et de magnifiques plages, de réputation les plus belles d’Afrique de l’ouest, Freetown mélange les genres.

A l'est par de magnifique collines qui surplombe la ville

A l’est par de magnifique collines qui surplombe la ville

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A l’ouest par l’océan Atlantique

D’une part ces hautes et raides collines que seuls quelques bidonvilles et autres « quartier populaire » semblent oser affronter, de l’autre le vaste océan direction l’Amérique du sud (les côtes sierra-Leonaise sont les plus proches du Brésil pour un pays africain) accompagné de splendides plages où vivent les plus riches, mélangeant souvent hôtel de luxe et quartier occidentaux.

D'une part ces hautes et raides collines que seuls quelques bidonvilles et autres "quartier populaire" semblent oser affronter

D’une part ces hautes et raides collines que seuls quelques bidonvilles et autres « quartier populaire » semblent oser affronter

de l'autre le vaste océan direction l'Amérique du sud

de l’autre le vaste océan direction l’Amérique du sud

Et puis Freetown c’est un drame récent, trop vite étouffé, oublié, lorsque les USA furent eux aussi touché par un drame avec plusieurs ouragans. Mais à Freetown ce n’est pas des ouragans qui ont frappé mais la pluie. En plaine saison des pluies il pleut abondamment dans la région et se sont des maisons entières qui furent engloutie par de la boue lors de glissements de terrains monstrueux. Les disparus sont compté par centaines, 1 millier selon les estimations, et la plus part le resteront pour toujours, à peine la moitié des corps ayant été retrouvé. Si le réchauffement climatique est mis en avant, impossible de ne pas remettre en question l’ingérence de la situation. Ces quartier disparus furent construit jadis dans des zones interdites par le gouvernement d’alors.

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Un drame similaire s’est produit parallèlement au Congo-Kinshasa pour les mêmes raisons. Des forêts sont rasées, déstabilisant le sol. Des maisons sont construites à la place. Construites pour la plupart de manière très instable dès la base, une catastrophe semble inévitable et c’est tout le drame de ces capitales africaines qui grossissent à vue d’œil, voyant venir une population qu’elle ne peut accueillir et où nombre d’habitants abandonnent les campagnes pour venir littéralement s’entasser dans des bidonvilles monstrueux. Tous cherche le confort, une meilleure vie. Beaucoup trouvent la misère. Et si c’est à la campagne que j’ai vu les situations de vies les plus rudimentaire, c’est en ville, et plus particulièrement dans les capitales, que j’y ai trouvé le plus de souffrance et de misère profonde. De misère humaine.

Mais c’est vrai, c’est aussi dans ces capitales que l’on trouve le business, pour beaucoup l’espoir, et pour certains la richesse.

Pour ma part j’y ai trouvé l’accueil, plus encore que le confort. Ou plutôt dirais-je, le confort n’est véritable que s’il est partagé? Accueilli par Hunor et quelques un de ces amis (merci www.couchsurfing.com) j’ai profité d’une -trop- brève vie sociale toujours bienvenue qu’il m’aurait été impossible d’aborder seul ou en tant que touristes (financièrement parlant) à ce moment de mon voyage. Sans compter sur quelques plages et barbecues qui furent d’un luxe certains et certainement inhabituel.

Quelques plages et barbecues qui furent d'un luxe certains et certainement inhabituel.

Quelques plages et barbecues qui furent d’un luxe certains et certainement inhabituel.

C’est donc reposé et « remerciant » que j’ai traversé Freetown jusqu’à son port. Et c’est aussi instantanément, dans des embouteillages monstres, que j’ai repris goût à la -parfois- dure réalité de l’Afrique. Sans oublier ma chance d’avoir vécu ces instants.

Car ils ne sont bien que des instants venus casser cette routine brièvement. Venu casser la réalité bien plus cash et transpirante de cette vie de privilégiés sur les routes d’Afrique.

 la réalité bien plus cash et transpirante de cette vie de privilégiés sur les routes d'Afrique.

la réalité bien plus cash et transpirante de cette vie de privilégiés sur les routes d’Afrique.

Me voici redevenu le « Sir » comme on m’appelle ici.

Un étranger.

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Olivier Rochat

Le Cavalier des Terres

Km 50’000, Moyamba, Sierra-Leone.

Jour/Day 1’138 (1’059 in Africa)
Pays/Country 37 (28 in Africa)
Km 50’000 (44’091 in Africa)

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« Je suis le cavalier des Terres
Je passe je suis détour
À la recherche de Lumière
À la recherche de l’Amour

Je suis le cavalier sans peur
Je m’en vais chercher le beau
Pour lutter contre terreur
Je m’en vais lutter les maux

Aux pays ou ne poussent plus les fleurs
Moi j’écris tu sais de simple phrases
Qui s’envolent, qui sont labeurs
Qui me rendent un peu ma grâce

Car l’éternité est longue
Quand l’on vit sans âme
Quand la vie est bombe
D’où ne naissent que des larmes

Je ne dors plus moi je meurs
Le coeur fendu par la terreur
Je ne vit plus moi je meurs
Mon âme perdu, sans cœur

Il n’y a qu’au matin que je reviens
Que je revis que je renaît
Quand recommence le chemin
Quand j’écris ce nouveau trait

Qu’avec lui, enfin
Je parcours les Terres
Me mettant sur le chemin
Que n’y prenne place que Ma Guerre

Je suis le cavalier des Terres
Je passe je suis détour
À la recherche de Lumière
À la recherche de l’Amour

Je suis le cavalier sans peur
Je m’en vais chercher le beau
Pour lutter contre terreur
Je m’en vais lutter les maux

Je n’ai d’armes que ma vie
De combat que ma passion
De raison que ma folie
Et la Terre est ma maison

L’Univers mon horizon
Par ces mots que je brandit
Dans mon royaume : l’imagination
De cette beauté qui est ma vie

Avec elle je me surprend
Cavalier je deviens homme
Avec elle je suis content
C’est l’amour qui reprend forme

Je n’ai de bague à lui offrir
Elle qui m’offre son sourire
Et j’ai presque peur de lui dire
Lui demander pour ainsi dire

Sa main contre la mienne
Qu’enfin ne soyons qu’un
Pour que toujours je me surprenne
À me battre pour mon prochain

A me battre pour cet instant
Qui est ma seule éternité
Qui pour toujours est au présent
Qui est tout ce que j’ai

Quel qu’en soit nos aventures
Moi je n’ai plus de passé
Pas de futur
Ainsi va mon éternité

Celle du cavalier
Le cavalier des Terres
Qui l’écrit sa Liberté
Sept lettres un mot Lumière

Je suis le cavalier
Je n’ai de maux que par raison
Ma folie ma Liberté
Je n’ai de mots que par passion

Oui je suis le cavalier
Et moi j’écris les Terres
Cinq lettres un verbe Aimer
C’est par les lettres qu’est ma guerre

Par les mots que je combats
En tirant ces quelques proses
C’est des fleurs qui naissent là
Chant de mots pour champ de Roses

Une jonquilles ou bien Lila
À l’ombre d’un palmier
Moi tu sais oui moi je crois
Que nous sommes tous frères d’humanité

Et sœur au fond du cœur
Et dans les yeux aussi
Pour que cesse le malheur
Et que naisse l’infini

Je suis le cavalier
Celui des Terres
Oui je suis le cavalier
Et moi je pars en Guerre

Par les mots est mon combat
Sur notre mère la Terre
Par les mots je suis soldat
1000 lettres pour faire Ma Guerre

Quelques lettres pour une Plume
Plume d’oie ou bien de plomb
4 lettres un mot la Lune
Ainsi va mon Horizon

Celui du cavalier
Celui qui part en Guerre
Une Guerre pour exister
Existence faite de vers

Chacun d’eux pour un combat
Un combat pour l’humanité
De ces Roses qui naissent là
Par les Proses du Cavalier

Triste plume est au combat
Me voici Mélancolie!
Mais? C’est la haine qui surgit là
Eh bien tant pis, c’est en mot que l’on survit

Par les mots ma Liberté
Par les mots je pars en guerre
Mon rêve Réalité
Mon Jardin mon Univers

Et puis tu vois, je suis soldat
D’une Prose face aux fusils
Par les mots moi je combat
Je combat la triste vie

Ce soir je reprend ma plume
Et si je meurs, Mélancolie
Avant, je ferai de chaque dune
Une jungle de Jonquille

Je reprend ma triste plume
Pour écrire Mélancolie
Des Soleils aux clairs des Lunes
Pour combattre la triste vie

Et faire de chaque Lune
Un reçit une poésie
Qu’à l’ombre de ma Plume
Y naissent un peu de vie »

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Olivier Rochat

Sierra-Leone, au pays des diamants

Km 49’927, Bo, Sierra-Leone.

Me voici au Sierra-Leone. Et voici un petit récit de mes premières impressions, pour le moinscontrastées.

Bo, le 24 octobre 2017

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Des premiers kilomètres surréalistes au Sierra-Leone

Encore une fois j’ai pu varier les mondes ces derniers jours. Entre le confort offert par mon hôte à Monrovia et ces premiers kilomètres surréalistes au Sierra-Leone, le contraste est saisissant et c’est peut-être bien l’une des choses qui me fascine le plus en Afrique, ou en tout les cas en voyageant.

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Oui, il existe des routes goudronnées en Afrique. Oui, on y trouve de la connexion internet, des hôpitaux, des voitures, des smartphones et toute sorte de « technologies actuelles ». Mais ce qui change beaucoup par rapport à l’occident c’est leurs fréquences. Combien de kilomètres goudronné pour 10 millions d’habitants? Combien d’habitants pour un seul médecin? Combien de voitures pour 1’000 habitants ? Aujourd’hui on estime que 20% des africains utilisent couramment internet mais dans certaines villes, ou quartiers de ces dernières, tout le monde ou presque est connecté. Vous pouvez vous balader dans une capitale entouré de tours, de supermarché occidentalisé avec des ATM à tous les coins de rues et des cafés avec Wi-Fi, puis droit derrière passer 500 km sur des pistes complètement défoncée, traversant des villages construits de huttes, où l’on va chercher l’eau au puits, où le réseau, qu’il soit faible ou rapide, ne profite à presque personne car la majorité de la population ne sait pas lire, où l’on vit avec 5 dollars par semaine, parfois moins, et où beaucoup d’enfants n’atteignent pas 5 ans.

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On passe parfois de l’Occident à des villages où personne n’a encore vu le goudron.

Technologiquement parlant il y a 1000 ans d'écart.

Technologiquement parlant il y a 1000 ans d’écart.

Technologiquement parlant il y a 1000 ans d’écart. Culturellement certainement pas. La technologie est imposée, de la hutte on passe au gratte-ciel, du sentier à l’autoroute, du troc au compte bancaire. Certes « j’image » un peu mais la culture -les traditions, les mœurs- a certainement besoin de plus de temps pour s’adapter que la technologie. Et c’est peut-être la, dans l’utilisation de cette technologie qui est de plus en plus présente, que réside certains des plus gros défis de l’Afrique.

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« Hier les tribus éthiopienne défendaient leur troupeaux, se battaient, chassaient, avec des lances. Aujourd’hui, elles ont des kalachnikov. »

En voyageant à travers ce continent je me suis habitué à ces deux réalités, ces deux mondes qui vivent côte à côte mais, dans certains cas, sans jamais se regarder.

A Monrovia, capitale du Libéria, j’ai profité d’un confort occidental, de l’électricité, d’eau courante, de wifi, de nourritures variées, de boissons fraîches et même, grâce à la générosité de mon hôte, au tendre goût d’une brève vie sociale, soirée entre amis, anniversaires fêtés et soirées films!

Mais ce qui pourrait être vécu comme normal en Europe est ici vécu comme un privilège. Un privilège de riche, d’occidentaux parfois. Un privilège toujours. Mais ce privilège à un prix. Un simple tour au supermarché vous délestera facilement de plusieurs jours de salaire au niveau local, un restaurant étranger peut coûter autant chère qu’en suisse, un hôtel au standard européen n’en parlons pas et le prix d’un visa peut coûter 3 fois plus cher que plusieurs mois de salaire moyen dans le pays dans lequel vous vous rendez.

Oui, voyager pour le plaisir c’est un truc de riche. Même à vélo, même à pieds. Posséder un vélo, une bonne paire de chaussure, c’est déjà être riche en soit par ici -matériellement parlant-.

En quittant Monrovia, pour le moins sont centres, où je manquaient de me faire renverser par des voitures dont le coût peut dépasser 5X celui de mes 3 ans de voyage, j’ai quitté ce monde des privilégié, et sans transition, jamais, me suis retrouvé dans l’autre.

Direction la Sierra-Leone.

Mais qu’en sais-je de la Sierra-Leone ? Eh bien pas grand chose. Si ce n’est qu’on le décrit souvent comme l’un des pays les moins développé au monde, parfois cité dernier au classement (?) des pays par espérance de vie, atteignant à peine la moitié de celle du Japon. Une bien triste statistique certainement influencés par une tout autant triste réalité, celle d’une guerre civile qui dura 11 ans, se terminant en 2002. Ceci vous rappellera peut-être un film mondialement connu, « Blood Diamond » -avec Leonardo DiCaprio et Djimon Honsou notamment-, film dénonçant le marché des diamants de conflits à travers cette guerre terrible, immonde, qui ravagea la population sierra léonaise.

Une guerre qui fit environ 120’000 morts, entraînant l’horreur bien loin, très loin avec elle. Plusieurs milliers de personnes furent mutilées délibérément, notamment par l’amputation des mains pour les empêcher de travailler, et surtout, de voter. Le tiers de la population ( 2 millions environ) fut déplacés.

En plus de cela, de nombreux enfants et femmes furent enlevés. Les garçons enrôlés de force comme enfants soldats, les filles et les femmes transformées en esclaves sexuelles.

Aujourd’hui encore de nombreuses stigmates sont observables, 15 ans après la fin de la guerre.

Je cite: « on constate notamment un effondrement des structures sociales. Les valeurs culturelles et le sens de la communauté’ sont effacés. De plus la pauvreté extrême des familles explique qu’elles sont incapables d’accueillir un enfant orphelin. » Ces même enfants, jeunes survivants, filles violées ou garçons soldats, souffrant pour la plupart de dépression, présentent une très mauvaise estime d’eux-mêmes, de faibles compétences sociales et souvent de stress post-traumatiques. Le taux de suicide, durant les années d’après guerre, fût extrêmement élevé dans cette jeune population. Plus d’un enfant observé sur deux avouant y avoir déjà assisté… »

Ces quelques lignes que je lis me glaçent le sang, mais certainement pas autant qu’elles me questionnent. Et au delà d’un « pourquoi » -l’argent-, d’un  » qui » -ceux qui aiment l’argent plus que la vie apparemment- ou d’un « comment » -fusils, machettes…-, j’en viens, pour la 1’000 ème fois au moins, à me demander mais comment un être humain, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne (???) peut-il en arriver jusque là, à demander l’horreur en mariage et en remettre une couche une fois que cette dernière a refusé???

Ça ne va pas sans me rappeler le génocide du Rwanda et ses centaines de milliers de morts. Je l’avais étudié, à l’école puis de manière personnel, mais le Rwanda que je découvrais en 2015, organisé, goudronné et efficaces, n’avait rien à voir avec ce que la lecture d’un génocide vieux d’à peine 20 ans me laissait penser. Certes, 20 ans ont passé. Certes…

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Une fois entré dans le pays, très vite, je découvre la dure réalité du terrain

Visiblement ce n’est pas encore le cas ici, au Sierra-Leone. Une fois entré dans le pays, très vite, je découvre la dure réalité du terrain sur des routes complètement défoncée. Je n’ai rarement vu ça. En effet des routes comme ça, c’est quasiment « inespéré ». Mais pour la population locales, un véritable cauchemar.

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Chaque trajet peut prendre des heures et certains véhicules n’y arriveront tout simplement pas. Le long de la route j’aperçois, de temps à autre, des camions qui pourrissent là, abandonné, condamné peut-être, dans un monstrueux champ de boue.
Le pire, c’est qu’il s’agit d’une route Nationale. Nationale vous avez-dit?
Il s’agit là de la principale route reliant la Sierra-Leone au Libéria voisin. Une catastrophe.

 heureusement, la route va petit à petit s'améliorer jusqu'à devenir une piste correcte, jonchée d'innombrables bosses et de trous dû à l'érosion de l'eau ainsi que de brefs passage boueux, mais correct.

heureusement, la route va petit à petit s’améliorer jusqu’à devenir une piste correcte, jonchée d’innombrables bosses et de trous dû à l’érosion de l’eau ainsi que de brefs passage boueux, mais correct.

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Pourtant, ou devrais-je dire heureusement, la route va petit à petit s’améliorer jusqu’à devenir une piste correcte, jonchée d’innombrables bosses et de trous dû à l’érosion de l’eau ainsi que de brefs passage boueux, mais correct. Les villages restent quant à eux assez rare et peu développé. Quelques femmes le long de la route vendent de grosses noix de coco dont le lait me rafraîchira volontier, me sortant brièvement de l’écrasante torpeur de cet après-midi ensoleillé à l’humidité écrasante.

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Chaque effort c’est transpirer. La saison sèche arrive petit à petit, les pluies se raréfient, et les après-midi sont parfois difficilement supportable, dû à l’humidité. Plus loin c’est un groupe d’homme qui m’invite à boire le vin de palme. Une boisson locale alcoolisé, enfin fermentée, très prisée en Afrique de l’ouest. Là aussi on essaie de se rafraîchir, de résister un peu aux températures. Mais pourquoi la majorité des hommes sont-ils vêtu d’énormes doudounes et portent un bonnet? Il doit faire 33°C avec plus de 80% d’humidité ! Mystère…

J'avoue ne pas comprendre.

J’avoue ne pas comprendre.

Mais j’avoue ne pas comprendre.

Plus loin je m’arrête sur un petit marché. Je vais enfin pouvoir manger. Du riz avec des feuilles de maniocs, comme toujours ou presque ces derniers temps. Un homme m’approche depuis derrière, tenant fermement un petit bout de papier plié. Il m’adresse la parole:

Do you buy Diamond ? Me dit-il, montrant son diamant.

No I dont buy diamond! Lui dis-je.

But you have money for food!

Yes I do have money for food. But not for diamond. Il s’en va. Comme si de rien n’était. Comme s’il n’avait qu’essayé de me vendre des bananes plantains ou des cacahuètes.

Pourtant, si je décidais d’acheter ce diamant -ou même simplement de le toucher- alors que je n’en ai pas l’autorisation (puisqu’il en faut une), je risquerai une peine de prison.

La siuation me fait un peu sourire, mais pas autant qu’elle me rappelle le Congo et ces situations absurdes où trouver de l’or est plus courant que de l’électricité. L’éducation n’en parlons pas.

Je ne suis jamais allé à l’école me dira un autre, plus tard. J’ai toujours travaillé dans les diamants. Les blancs achètent ça si chère, c’est un bon business ! mais pourquoi ? Semble-t-il, me demander, comme s’il s’imaginait que je s’aurai lui répondre pourquoi une pierre (!) peut avoir autant de valeur.

« Moi je n’achète que ce qui se mange, les diamants ne m’intéressent pas. » J’invite cet homme, sympathique, à partager mon repas. Il refuse poliment.

Pourtant, malgré cette situation qui m’apparaît absurde -un diamant peu valoir facilement plusieurs milliers de dollars-, les locaux ne semblent pas avoir perdu toute joie de vivre, ni le sens de l’accueil. Les premiers soir il m’est toujours facile de trouver un abri sec, que ce soit chez le propriétaire d’un petit bar qui me laisse planter ma tente dans son entrepôt ou chez le chef d’un grand village qui m’offre un lit, comme si souvent, la majorité du temps, en Afrique de l’ouest.

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Les locaux ne semblent pas avoir perdu toute joie de vivre

 

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le propriétaire d’un petit bar qui me laisse planter ma tente dans son entrepôt

De cette situation délicate, cette souffrance cumulée, les sierra léonais ont en probablement acquis beaucoup de sagesse. Malgré la forte corruption de la police et le sous-développement général du pays, on ne se plaint pas. On se contente de ce qu’on a. Et pour être heureux, il vaut mieux. Car ici, au pays des diamants, on ne possède pas grand chose. Si ce n’est un passé douloureux, un futur incertain et un présent accueillant.

Enfin, lorsque je retrouve le goudron, je change de monde à nouveau, ou presque. Ou peut-être d’époque. Ou simplement de notion du temps. Les jours redeviennent des heures. Les minutes restent des minutes. Les voitures passent.

lorsque je retrouve le goudron, je change de monde à nouveau, ou presque.

lorsque je retrouve le goudron, je change de monde à nouveau, ou presque.

Je crois que la force avec laquelle l’être humain peut se battre pour survivre, que ce soit dans un camp de concentration de l’Holocauste ou ici en Sierra-Leone, me fascinera toujours.

Plus, je l’espère, que la force avec laquelle ce même être humain peut s’acharner à tuer son prochain.

 heureusement, la route va petit à petit s'améliorer jusqu'à devenir une piste correcte, jonchée d'innombrables bosses et de trous dû à l'érosion de l'eau ainsi que de brefs passage boueux, mais correct.

Au Sierra-Leone.

Olivier Rochat

 

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D’un monde à l’autre

Poésie routière, écrit du Libéria.

Les feuilles sont à l’appel
Les voici qui tombent
Et qui me rappellent
Que l’été nous trompe

Que l’automne tombe tôt
Bien trop
Comme tombe l’eau
Moi je tombe de haut

L’hiver approche
A peine l’automne débute
Et moi, oui moi je fais des coches
Qui me rapproche de mon but

Qui me rapproche du doux chant
Celui des oiseaux
Tu connais le printemps
Où vivre à quelque chose de nouveau

Le verbe lui se conjugue
Au présent et au parfait
De la vie qui débute
Eh bien que ça me plaît

Mais nous sommes en automne
Il fait nuit tôt et jour tard
Et cette année qu’on gomme
Puis qui repart

Cette année morte
Qui n’est pas terminée
Mais qui déjà emporte
Avec elle nos passés

Et ce froid qui nous dérange
Qui endort les arbres
Et ces couleurs oranges
Qui ne me laissent de marbre

On dirait que la faucheuse veille
Nous attends au coin du bois
Mais non ce n’est qu’une vieille
Qui se promène là

Bientôt, viendra la neige
Et le silence de son habit blanc
Devrais-je dire beige
Dont le froid est si violent

Violent, oui
Mais c’est sûr
Beau aussi !

Nous sommes tous frères !

Nous sommes tous frères !

Et puis je me souvient
Que ce n’est qu’un souvenir
Un souvenir lointain
De ce jour où je me vis partir

Chercher l’aventure
Aux pays sans été sans hiver
Ou le soleil est un dur
Et la pluie fait trembler la Terre

Ici ce sont des rivières qui naissent
Après les trombes d’eau
C’est le ciel qui nous blesse
Avant qu’enfin nous vienne le beau

Le chant des cigales
Après celui des crapauds
Nostalgie de chez moi
Ici la pluie est bien trop

Elle nous prend dans ses bras
Puis nous tue par ses gouttes
L’eau c’est la vie n’est-ce pas ?
J’ai comme l’ombre d’un doute

Les saisons différentes
De cette Afrique tropicale
Parfois suffocante
Souvent théâtrale

Me rappelle que chez moi
Ce n’est qu’un souvenir
Étranger je n’ai de toit
Que le partage et le plaisir

« Chez moi » n’existe plus
Quand on a plus de chez soit
Quand du bush à la rue
On vit dans le parfois

Dans un monde sans loi et sans règle
Si ce n’est l’imprévu
Un monde qui n’a d’yeux que l’aigle
Et d’oreilles que la rue

Ou le temps est un ami
Qu’il s’appelle en rigolant
Puisqu’ici comme on dit
On avance lentement

Parfois même à reculons
Quand soudain s’accélère
Une foule un mouvement
Quelque chose d’éphémère

Un amour une guerre
Un bonjour un génocide
Il n’y a pas de frontière
Pas plus qu’il n’y a de guide

De tout on passe au rien
Et ce rien est un tout
Allez prend ma main
Non je ne suis pas fou

Et tant pis si pour elle
Tu dois me couper le bras
Je ne suis pas éternel
Mais je sais qu’il repoussera

Je ne fais que passer ma route
Et je regarde en observant
Et je n’ai l’ombre d’un doute
Que je suis bien vivant

Vivant dans ce pays lointain
Ce pays sans feuilles mortes
Où je crois bien
Les souvenirs m’emportent

Me rappelle à hier à chez moi
Qu’elle m’est chère cette vie
Même si je sais que là-bas
Je n’ai plus trop envie

De cette vie à courir
Après je ne sais quoi
Un trésor un souvenir
Qui déjà n’est plus là

De cette vie de droit
Où courent des esclaves
Qui oublient ce mot là
Celui du partage

Ici je ne sais pas
Si c’est un monde juste
Car au Liberia
L’histoire est injuste

C’est l’histoire d’une terre
Rendue aux esclaves
Une histoire de guerre
Quelques choses de très grave

Ou que quand la violence
Se déchaîne puissement
Et que dans l’urgence
On survit simplement

Aujourd’hui je l’observe
Ce monde qui renaît
Qui revit de ses rêves
Qui gomme ses vieux traits

Ce pays classé pauvre
Pauvre comme l’est
Qui vécu Ebola
Tout en rêvant d’US

Mais son regard d’Homme libre
Survécut aux injustices
Aux crimes les plus terrible
À la haine et sa malice

Et quand je vois ce fils d’esclave
Agir en Homme libre
Je me dit qu’un voyage
N’est jamais si terrible

Que d’ici à chez moi
C’est comme rallier Mars à Jupiter
Que je ne me sens pas
Non, sur la même terre

Mais pourtant je dois dire
Qu’en passant d’un monde à l’autre
Celui des martyres
Puis celui des apôtres

Eh bien oui que je crois
Que c’est la même Terre
Et que de Suisse au Libéria
Nous sommes tous frères

Nous sommes tous frères!

 Olivier Rochat

On vote au Liberia

Km 49’562, Monrovia, Libéria.

Au Libéria, petit pays d’Afrique de l’ouest, nous sommes en pleines élections. Le premier tour a eu lieu le 10 octobre 2017 alors que je me trouvais à Monrovia, la capitale. J’ai pu profiter de l’ambiance et de l’espoir suscité par ces élections.

Voici un petit récit écrit le 10 octobre, le jour du vote du premier tour:

Le premier tour a eu lieu le 10 octobre 2017

Le premier tour a eu lieu le 10 octobre 2017

Aujourd’hui on vote au Libéria. C’est le premier tour de l’élection présidentielle et depuis 12 jours que j’ai rejoint ce petit pays d’Afrique de l’ouest, très peu connu en francophonie, je ne peux pas rester insensible aux innombrables affiches présentant les différents partis et candidats se présentant aux élections. Impossible.

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je ne peux pas rester insensible aux innombrables affiches présentant les différents partis et candidats se présentant aux élections. Impossible.

Le long de la route qui m’a mené de Ganta, ville libérienne située à la frontière de la Guinée, jusqu’à à Monrovia, capitale du Libéria, il y en avait des centaines. Des milliers peut-être.

À tel point qu’invité par Richard, un anglais qui travaille au maintien de cette route, l’une des seules goudronnée de tout le Libéria, je venais à plaisanter : « eh bien si les candidats investissent autant pour construire de nouvelles routes que pour leur campagne présidentielle, le réseau routier va vite s’améliorer. »

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Cette route, l’une des seules goudronnée de tout le Libéria

Phrase pas si anodine, autant quand l’on se rend compte de l’importance que peut avoir une route goudronnée pour le développement d’une région et des milliers-parfois millions- de gens qui l’habitent que quand l’on se rend compte du triste état de l’immense majorité des routes d’Afrique de l’ouest.

Rendez-vous compte, cette route longue d’environ 270 km vient d’être terminée. Il s’agit maintenant d’une excellente route qui permet de relier le nord du pays à Monrovia, sur la côte atlantique, en quelques heures à peine. Avec elle c’est l’agriculture locale qui reprend, délaissée depuis la longue guerre civile qui a forcé des milliers de personnes à quitter les campagnes. C’est ainsi une grande part de l’économie qui reprend et des business fleurissent ici et là. Greenville par-exemple, ville isolée le long de la côte, n’a pas eu cette chance. Distante d’environ 500 km, le voyage prend régulièrement 5 jours. Et parfois plus, en fonction des saisons.

Un gouffre. Un monde d’écart. Presque autant que les différences observées lors de mes derniers jours en Guinée et ceux au Libéria.

Grosse frayeur puis belle découverte

En effet ma dernière journée de route en Guinée s’est terminée dans la boue. Plusieurs kilomètres de boues, après avoir traversé une forêt dense où j’ai vécu l’une des plus grosses frayeurs de mon voyage lorsqu’un serpent, visiblement en train de chasser lui-même un « amuse-gueule » qui me coupe la route, surgit de l’herbe haute, à toute vitesse, ne me laissant le temps ni de m’arrêter ni de faire un « détour » pour l’éviter. Il s’en est fallu d’un rien mais j’ai évité le pire. Après avoir vérifié, bien qu’il me soit impossible de le certifier à 100%, il s’agissait visiblement d’un boomslang, ou serpent des arbres. S’il n’est pas le plus dangereux car très peu agressif, une piqûre peut vous tuer en quelques heures. Si la morsure n’est pas traitée, bien que peu douloureux durant plusieurs heures dû à la lenteur de son efficacité, le venin va coaguler votre sang. Ce dernier va sortir de vos orifices. Après quoi ce sera rapidement la mort. Charmant.

après avoir traversé une forêt dense où j'ai vécu l'une des plus grosses frayeurs de mon voyage

après avoir traversé une forêt dense où j’ai vécu l’une des plus grosses frayeurs de mon voyageait

Mais c’est bien vivant, et un peu effrayé, que je rejoint la frontière guinéenne où l’on vérifie mes papiers et tamponne mon passeport sans me créer de problèmes. Après quoi je traverse un pont, la pluie s’arrête et de l’autre côté du pont je découvre cette route très bien revêtue qui va me mener à Monrovia. Je découvre alors un nouveau pays, presque un nouveau monde: le Libéria.

En quelques instants je me sens comme propulser dans un autre monde. En traversant ce pont j’ai traversé une rivière. Moi j’ai l’impression d’avoir traversé l’Atlantique. Très vite je me sens comme attirer par ce pays, cette ambiance particulière « post-élection », la culture et l’histoire de ce pays si différente de son voisin guinéen avec son influence américaine très forte et sa langue singulière elle aussi, l’anglais-libérien, qui tranche avec « l’anglais-americain » également rencontré.

Une rue de Monrovia

Une rue de Monrovia

Un pays singulier

En effet l’histoire du Libéria est singulière à plus d’un titre. Notamment en ce qui concerne son indépendance. Bien souvent j’entends dire que le premier pays africain à obtenir son indépendance fut le Ghana qui a fêté ses 60 ans d’indépendance ce printemps. Pourtant, dit comme cela, c’est faux.

Le Libéria a obtenu son indépendance en 1847

Le Libéria a obtenu son indépendance en 1847

En effet, bien que le Ghana fut le premier  pays à obtenir son indépendance lors de la « vague d’indépendance » du milieu du 20ème siècle, d’autres pays africains ont obtenu leur indépendance bien avant dont notamment l’Égypte, l’Afrique du sud ou encore l’Éthiopie qui n’a jamais été sous gouvernement colonial.

Et le premier de tous, si l’on excepte l’Éthiopie bien entendu, fut le Libéria qui fête cette année ses 170 ans d’indépendance.

Mais comment se fait-il que le Libéria a obtenu son indépendance plus de 100 ans avant la plupart des autres pays d’Afrique sub-saharienne ?

Pour mieux le comprendre il faut remonter le temps, jusqu’en 1820 lorsque des esclaves américains affranchis, dont beaucoup étaient les enfants métis de propriétaires blancs, s’installèrent au Liberia dans le cadre d’un mouvement abolitionniste de retour vers l’Afrique, et baptisèrent la capitale Monrovia, en hommage au président James Monroe.

En 1847, les «colons», comme on les appelle encore aujourd’hui, formèrent la République du Liberia en s’inspirant du système politique américain —jusqu’à instituer leur propre forme de ségrégation à l’américaine. Les Américano-libériens à la peau claire, arborant souvent chapeau haut de forme et queue de pie dans la chaleur tropicale d’Afrique de l’ouest, écrasaient de leur puissance les «gens du pays» —Africains autochtones à la peau plus foncée qui durent attendre 1904 pour bénéficier de la citoyenneté libérienne. Un vrai cas de pouvoir corrompant les anciens opprimés.

D’une certaine manière on peut parler là d’une colonie afro-américaine qui a colonisé les tribus locales. Et toute l’histoire du Libéria s’est formée autour de cette relation particulière entre les esclaves affranchis devenus colons à leur tour et les « locaux » se sentant méprisés.

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Aujourd’hui encore les descendants afro-américain sont à peine 5% de la population mais contrôlent la majorité du pouvoir -et de l’argent- du pays.

Cette relation particulière est l’une des causes de l’histoire si violente du Libéria où se sont suivi coup d’État et contre coup d’État durant des décennies. Le premier président d’origine tribale fut Samuel Doe, qui fit massacrer l’ensemble du pouvoir qu’il venait de renverser. Une pratique qui ne lui réussit pas puisque quelques années plus tard il fut capturé par l’un de ses nombreux ennemis, Prince Johnson. Ce dernier le tortura en public, lui coupant doigts et oreilles avant de l’exécuter quelques heures plus tard d’une balle dans la tête et d’exhiber son corps en public. Le tout filmé puis retransmis dans toute l’Afrique de l’ouest (et sur YouTube de nos jours -mais je déconseille-).

Cette histoire date de 1990 et fut le début de 14 années interminable de guerre civile avant d’entamer une reconstruction fragile sur des bases démocratique faites de beaucoup d’aides internationales ,et notamment des « frères américains » dont l’influence se fait grandement sentir. Que ce soit dans son drapeau -copié du drapeau américain, presque à l’identique-, le nom de certaines de ses villes -ou état- tel que Maryland, Greenville, Harper ou Robertsport, ou dans l’utilisation de sa monnaie – on peut utiliser et le dollars US et le dollar libérien et les deux à la fois, si si!!! – un air d’Amérique se fait sentir au Libéria.

son drapeau -copié du drapeau américain-

son drapeau -copié du drapeau américain

 

Après cette période trouble c’est Mme. Johnson Sirleaf qui fut élue en 2006 devenant ainsi la première femme élue au suffrage universel à présider un état africain.

Ayant cumulé deux mandats elle doit maintenant céder sa place et c’est ainsi que prennent place les élections actuelles. Des élections pleines d’attentes, de candidat-e-s, de ferveurs et d’espoir pour ce petit pays vraiment particulier dont la population a déjà survécu à d’innombrables traumatismes. C’est maintenant de nouveaux défis qui s’ouvrent à elle. Celui d’élections non-violente, du combat de la corruption, du droit des minorités, et pleins d’autres encore.

C'est ainsi que prennent place les élections actuelles.

C’est ainsi que prennent place les élections actuelles.

Mais alors que le plus dur semble à faire, un simple regard en arrière rappellera aux libériens, je l’espère, que tant a déjà été fait. Suffisamment, c’est certain, pour ne pas perdre espoir et continuer de l’avant.

Pour ne pas perdre espoir et continuer de l'avant.

Pour ne pas perdre espoir et continuer de l’avant.

Aujourd’hui les rues de Monrovia était bien calme. La circulation très faible et seuls les bureaux de votes semblaient faire le plein.

Aujourd’hui on a voté à Monrovia.

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Aujourd’hui on a voté à Monrovia.

Olivier Rochat