Archives pour la catégorie Etape N°8 : Accra – Danané

Le voyage est découpé en plusieurs étapes. Retrouvez ici tous les articles de la huitième étape : Accra – Danané

Le désert d’eau

Km 44’551, Biska, Burkina Faso.

Me voici à Ouagadougou, là où vivent les ouagalais -c’est joli-, capitale du Burkina Faso.

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La saison des pluies, où l’on se cache de l’eau

 

Après mon coup de coeur sahélien j’ai accueilli avec un certain bonheur le rafraîchissement apporté par la saison des pluies. Le ciel s’est couvert de nuages pour ne jamais vraiment, si ce n’est épisodiquement, se découvrir à nouveau.

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Voici quelques photos prisent le long de la route et qui m’amusent. Elles représentent bien le mélange des deux saisons majoritaire qui définissent la vie en Afrique rurale: la saison des pluies, où l’on se cache de l’eau, et la saison sèche, où l’on se cache du soleil. Certes c’est un peu simplifié je l’admet, les saisons qui habitent un continent aussi énorme que l’Afrique se verront inévitablement plus subtiles et variées que ces simples termes de sécheresse et de pluie.

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Le plus marquant peut-être c’est à la vitesse où tout peut se mettre à changer si rapidement

Le plus marquant peut-être c’est à la vitesse où tout peut se mettre à changer si rapidement.  En quelques heures parois, un désert peut presque devenir un lac. On s’imagine là aussi des trombes d’eau surpuissante tombant du ciel alors qu’il n’en fût rien. Au maximum j’ai eu droit à 2h30 de pluies consécutive dont plus de la moitié était plus une bruine qu’une pluie, et le reste n’était pas non plus une mousson. Avant cela il n’avait plus plu depuis au moins une semaine.

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Ma route est une rivière

Un matin, peu après le début d’une averse, je me suis abrité dans une cafétéria. En repartant 2 heures plus tard j’ai découvert avec surprise que ma route était devenue…une rivière.

A un endroit l’eau montait au-dessus de mon boîtier de pédalier… Mais comment en si peu de temps avec une pluie si « normale » au fond, pouvait on en arriver là ?

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A un endroit l’eau montait au-dessus de mon boîtier de pédalier…

C’est là tout le mystère africain et ce rapport au temps si particulier. Parfois si lent à changer, évoluer ne fusse que d’un mot, et parfois si rapide, éphémère peut-être, pour transformer un désert en rivière… Et cette incapacité quasi chronique à se préparer à cette pluie qui frappe depuis des millénaires mais dont les traces pourraient laisser penser à un cataclysme nouveau. Comme si chaque pluie était la première.

La première depuis la dernière, c’est vrai !

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Comme si chaque pluie était la première.

Ici on vit « au jour le jour » et jamais, non jamais, cette expression n’a eu un tel sens pour moi qu’ici en Afrique. Au Burkina où ailleurs…

Puisqu’au final « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme « . Aussi il se peut que demain soit sable et puis désert et qu’au lendemain ce soit la boue ou la rivière. Et alors ? Ainsi la vie.

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Il se peut que demain soit sable et puis désert

Olivier Rochat

Des chiffres et des lettres (1000 jours de route)

KV 44’154, Sebba, Burkina Faso.

Le jour 1000!

Le 10 juin 2017 a été mon 1’000ème jour de route.

Voici donc 1000 jours que j’ai quitté mon confort lausannois et, le hasard s’étant mêlé à l’histoire, le 10 juin 2017 a aussi marqué le 5ème anniversaire de Bike for Africa !

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En effet c’est le 10 juin 2012 en gare d’Aigle que Bike for Africa était lancé. J’y pédalais, en direction du col des Mosses, le tout premier km de l’histoire de Bike for Africa. Après quelques 77’667 km de routes me voici là, dans un coin isolé du nord-est du Burkina Faso où l’on mesure 43 degré à l’ombre. Rien de bien exceptionnel par ici. Suffisant selon moi pour passer mes après-midi à l’ombre des routes sur lesquels le sable est brûlant et l’atmosphère pesante. En quelques jours je suis passé de la forêt tropicale togolaise au Sahel burkinabé où je découvre depuis quelques jours cette région fantastique humainement, culturellement et plus encore. Ici vit une partie du peuple Peul qui colore l’atmosphère et apporte à mon voyage un air de National Géographique. Quelque chose d’assez fort.

Pour l’instant je vous laisse mais avant cela je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé notamment lors de mes récents ennuis matériels, les parrains de Bike for Africa qui nous ont permis d’aider à la construction de deux centres de la petite enfance au Togo, mais aussi les membres qui permettent le bon fonctionnement de l’association ainsi que les 4 gars que je ne vais nommer qui sont toujours là pour assurer tout le travail administratif de nos projets.

Un retard à été pris concernant l’envoi de mes « écrits de la route » aux parrains et je tiens à m’en excuser. Nous sommes tous bénévoles et la gestion de l’association vient s’ajouter à des emplois du temps bien chargé pour certains aussi je vous remercie déjà de votre compréhension. Tout ça pour vous dire que l’association continue normalement et que notre dernier projet, soit une aide à la rénovation/construction de l’école maternelle de Matandani au sud du Malawi, va bientôt prendre forme et les parrains en seront bientôt informé plus en détail.

N’hésitez pas si vous avez des questions

Merci encore à vous tous qui me suivez et je vous dit déjà à bientôt par l’image et les mots. Comme La 6ème année de Bike for Africa est en route et dès demain viendra le jour J+1001.

 Mon itinéraire

Voici mon itinéraire durant mes 1000 premiers jours de voyage de Lausanne (Suisse) à Sebba (Burkina Faso).

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Les lignes vertes sont ce que j’ai pédalé Et comptabilisé, les rouges lorsque j’ai du/voulu emprunter un autre moyen de transport terrestre (bus, train, escort policière…) pour différentes raisons, les noires l’avion et les bleues le bateau.

Ces 1000 jours de routes me laissent quelques chiffres sagement noté jour après jour. Des chiffres inutiles, certes, mais qui m’amusent, certainement.

 

Les voici :

1000 jours de routes c’est bien mais sur ces 1000 jours combien y’en a til eu de repos? 495!!! Oui c’est presque la moitié ! Ah ben ça…

Mais aussi 367 nuits en tente, soit plus du tier, 368 directement chez l’habitant, 20 dans des églises ou écoles et quand même 30 dans des postes de polices, militaire ou postes frontière. Corrompu la police africaine ? Pas toujours visiblement !

Il y a eu aussi 146 journée à plus de 100 km pédalé, dont une à plus de 200 (203) et le tout me mène à 44’154 km pour 2’723 heures et des poussières sur la selle. Et oui !

J’ai pas compté les crevaisons mais je suis à quelques 10’000 km de pistes pour tous les goûts. Comptez aussi 33 pays dont 24 en Afrique, soit une moyenne d’un mois par pays et presque 6 semaines dans les pays africain. Et encore 75… tampons d’entrée ou sortie rien que sur le continent africain (24 pays X 2 + 14 pays entrée multiples X 2 -1 car je suis pas encore sorti du Burkina Faso), ajoutez-y 24 pages de passeports utilisée uniquement pour les visas (autocollants) et 2 autres pour des prolongations de visas…soit 44 pages en tout et bien plus de 100 tampons (le passeport est tamponné à l’entrée, à la sortie, lors de l’obtention du visa et des prolongation lorsqu’il y en a -qui sont eux-mêmes souvent des tampons-. Ca fait beaucoup de paperasses et plus de 1800 US Dollars de frais de visas en tout!

Et puis une altitude maximale de 3552 mètres en Éthiopie et un 44 degré a l’ombre au nord du Togo (juin 2017) pour un -6 degré celsius à l’aube en Namibie (Windhoek, juillet 2016) pour les température. Bien loin des extrêmes.

Ma plus grande ville fût le Caire en Égypte (est.a plus de 20 mio. D’habitants) et ma plus grande distance entre deux points d’eau de 283 km au Kalahari (Botswana).

C’est en Namibie que j’ai passé le plus de temps (143 jours) et pédalé le plus de kms (4’595), le visa du Nigeria fût le plus cher (200 euros obtenu à Yaoundé -à Brazzaville il était à plus de 260 euros et même pas 50 à Bamako…) et au contraire les entrée en Namibie, Afrique du sud, Botswana, Swaziland et Lesotho ont été gratuite pour une durée d’un à 3 mois.

J’ai été forcé de m’arrêter à cause de maladie à 4 reprises soit: 1 gastro en Égypte, 1 début d’infection entraînant fièvre au Malawi, de grosses douleurs musculaire puis a la tête en Afrique du sud et 1 crise de malaria couplée à une fièvre typhoïde au Cameroun. Les autres diahrees, rhums, toux etc…n’ont jamais été très fort mais parfois fréquent suites aux changements de température où à la poussière.

On m’a volé 1 fois (téléphone portable) et offert bien plus tout au long de ma route.

Petite pensée encore pour tout ceux qui m’ont aidé, accueilli, nourri, retapé etc… Merci du fond du cœur!

Et que l’aventure continue!

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Olivier Rochat

Mon chateau Lune

Km 43’998, Piéla, Burkina Faso.                          

-Lorsque soleil se lève, Deja la Lune s’asseille, Moi je sors de mon rêve Et quelques mots j’essaient

Quelques mots d’amour Pour faire contre les bombes, Et chacun de nos jours Un meilleur Monde –

Ecrit le 9  juin 2017, au petit matin

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« Ami moi j’écrirai

Oui j’écrirai chaque jour un mot d’amour
Et tout les jours le planterai
Sur la dune pi de mes larmes l’arroserai
Et poussera ce chant, ce chant d’amour

Et chaque jour je l’écrirai

Et toi tu seras ma Reine
Dans ce château de brume
Nous vivrons sans nulle peine
Une vie de couple Lune

Et quant tu partiras
Je serai comme un Roi
Un Roi sans sa Reine
Mais j’attendrai, oui j’attendrai que tu me reviennes

Comme toi hier tu m’attendais
Non moins sans peine
Et sans nul homme en tes bras
Que je te revienne

Et lorsque nous nous retrouverons
Nous mélangerons nos âmes
Tu seras ma cendrillon
Et sans n’y laisser cendres brûlerons nos flammes

Et de nos vies communes
J’y mettrai les mots d’où naîtrons ces proses
Comme ça sur la dune
Tu sais, pousseront des roses

Enfin lorsque le temps sera venu
Lorsque la vie semblera perdue
Et que nos âmes s’en iront de Lune en Lune
Nous quitterons notre château de brume

Et plutôt que la mort comme seul jeu
Nous brillerons de mille feux
Étoiles dans l’univers
Comme aujourd’hui tu brilles sur Terre

Et nos âmes jusqu’au ciel
Ensemble ne serons qu’une
Et nous vivrons notre éternel
Sur notre nouveau château, la Lune »

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Olivier Rochat

Sahel

Km 44’497, Kaya, Burkina Faso.

Tout au long de ma route au Burkina Faso de nombreuses personnes m’auront touché de par leur simple et authentique bienveillance à mon égard, transformant cette région magnifique du Burkina Faso en véritable coup de coeur tant les jours que j’y ai passé ont été agréable et magnifique.

Après le tropical Togo, j’ai rejoins le désertique Sahel, pour le meilleur et en sourires.

Olivier Rochat, Dori, le 11 juin 2017.

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Le soleil se lève au Sahel

De plus en plus aride

Dès mon entrée dans ce pays d’Afrique de l’ouest -mon 5ème- j’ai continué à monter au nord est du pays et chaque jour se voyait plus sec, plus aride que le précédent. Les arbres se faisaient de plus en plus rare laissant apparaître de nombreux arbustes épineux entourant mes pistes poussiéreuse où parfois les impressionnants baobabs, fleuri en cette saison, m’offraient des paysages agréable et surprenant.

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des paysages agréable et surprenant

À ce moment l’herbe n’était plus seulement jaunie, elle avait déjà disparu. J’étais au Sahel dans une région qui aura été un véritable coup de coeur : celle où vit le peuple Peul.

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Les paysages sont de plus en plus arides et poussiéreux à mesure que je monte au nord.

Ici pas de goudron et très peu d’occidentalisation. Si ce n’est par quelques motos qui me passent,me demandant bien souvent d’où je viens, où je vais. Et parfois, lorsque les pistes le permettent, un bus surchargé d’affaires et d’Hommes dans un désordre éblouissant.

Mais la majeure partie du trafic que je croise ici c’est les vélos. Innombrables à l’approche de chaque régions peuplées, j’y croise femmes et hommes, jeunes et vieux, chrétiens et musulmans. Et puis c’est également le retour des ânes qui transportent parfois d’impressionnantes charges tirant de petites charrettes souvent guidées par de jeunes enfants.

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J’y croise femmes et hommes, jeunes et vieux, chrétiens et musulmans

Une étouffante chaleur

Ici on vit tranquillement. Et j’essaie d’en faire de même et lors de mes premières journées au Burkina le climat, de toute manière, ne m’a pas vraiment laissé le choix. De plus de 30 degré au plus « froid » de la nuit à bien au delà de 40 en pleine après-midi, il faut apprendre à se gérer, à s’écouter et parfois se protéger pour ne pas prendre de risque inutile. Ainsi bien souvent mes après-midi se passent dans l’ombre que je trouve le long de ma route, au marché d’un village, dans une petite épicerie où alors au pied d’un arbre où dans un lac où j’en profite pour y faire lessive et me dépoussiérer un peu.

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Parfois je me repose au pied d’un arbre où dans un lac où j’en profite pour y faire lessive et me dépoussiérer un peu.

Dans cette région isolée où rares sont les blancs à s’y aventurer j’aurai partagé de nombreux instants sympathiques avec les locaux souvent amusé et surpris de ma présence. Curieux, on m’aborde régulièrement, soit directement sur la route, soit dans les villages que je traverse où il m’est difficile de pouvoir communiquer en français, de nombreux villageois ne le parlant simplement pas.

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Un village isolé du Sahel

Des rencontres touchantes, simples et amusantes

Dans un marché Peul, où l’on échange chèvre et achète tissus coloré dans un désordre amusant, je profite d’un coca pour me rafraîchir un peu. Je m’arrête. Salue le commerçant qui ne parle peu le français. Je m’assieds et lorsque je me retourne j’aperçois des dizaines d’enfants et ados , peut-être 100, entourant mon vélo. Le tout dans un calme tranchant avec la curiosité naturelle et compréhensible des jeunes enfants. Ici le vélo est LE moyen de transport par excellence mais rassurez-vous, ce n’est pas par choix de vie ou soucis d’écologie et la situation me rappelle parfois celle vécue au Malawi, seule pays africain pouvant « concurrencer  » le Burkina dans ce domaine. Pour beaucoup il est le seul moyen de transport accessible aussi on l’utilise non seulement pour se déplacer mais également pour transporter d’importante charge -le vélo est alors poussé, parfois sur plusieurs km, car beaucoup trop lourd – où parfois comme taxi. Aussi beaucoup de jeunes me regardent avec envie mais toujours en me respectant Et ce genre de scène sera monnaie courante au Burkina Faso.

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Ici, comme dans le reste des régions rurales d’Afrique, l’anonymat n’existe pas.

Vous l’aurez compris ici, comme dans le reste des régions rurales d’Afrique, l’anonymat n’existe pas. On vous salue, on vous aborde et parfois on vous demande de l’argent, un cadeau et jamais on ne se retrouve seul. Ou si rarement. Mais au Burkina plus qu’ailleurs j’ai été surpris par la bienveillance des gens à mon égard, Comme c’est souvent le cas dans les régions musulmane, beaucoup plus accueillantes en mon expérience, mais également dans les régions qui n’ont qu’un contact limité avec les étrangers, qu’ils soient touristes, travailleurs humanitaires ou venu par simple souhait de rentabilité. Dans ces cas là la curiosité des locaux à votre égard est bien souvent plus authentique et beaucoup moins guidées par l’intérêt économique -éventuelles – apportée par le fait d’avoir un ami blanc.

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Je peux traverser cette rivière seul, mais instantanément on vent le proposer de l’aide. Certains marchents plusieurs centaines de mètres.

Parfois de jeunes enfants viennent me serrer la main puis repartent timidement. Une autre fois je profite d’un lac en pleine après-midi pour me rafraîchir et bien sûr je ne passe inaperçu. Dès qu’ils m’aperçoivent venir en direction du lac les jeunes hommes qui s’y baignent se figent et me fixent quelques instants, intrigués par ce blanc qui vient se baigner la, tout comme eux. Arrivé au bord du lac je les salue simplement et ils me répondent, commencent à sourire et peu à peu se font moins timide. Mais lorsque je m’avance j’ai maintenant une trentaine de regard figé sur moi, qui m’épient avec curiosité. Il faut quelques instants pour que l’atmosphère se détende un peu et pour que la spontanéité reprenne le dessus et que s’installe entre nous une sorte de jeu, les plus jeunes plongeant sous l’eau brune pour essayer de me toucher sans que je les attrape. Un jeu qui me rappelle celui qui nous jouions à l’école et dont le nom a du être interdit je crois : qui a peur de l’homme noir. Ici c’est qui a peur du blanc. Le tout finira dans les rires et amusements de ces rencontres particulière de deux qui cultures qui se croisent sans pouvoir communiquer plus que quelques mots, instaurant une communication gestuelle, parfois simple jeu de regard entre des Hommes curieux les uns pour les autres et dont la spontanéité prend le pas sur toute forme d’organisation possibles.

 Ici c'est qui a peur du blanc. Le tout finira dans les rires et amusements de ces rencontres particulière de deux qui cultures qui se croisent sans pouvoir communiquer plus que quelques mots

Ici c’est qui a peur du blanc. Le tout finira dans les rires et amusements de ces rencontres particulière de deux qui cultures qui se croisent sans pouvoir communiquer plus que quelques mots.

De retour sur la route je m’arrête au puits histoire de me ravitailler et c’est peut-être le lieu le plus fréquenté, celui dont la vie de ces communauté dépends. L’eau c’est la vie et elle n’est pas courante. Non c’est en marchant qu’on la porte. Plusieurs litres sur la tête et ce sont les enfants ou adolescents, lorsque ce n’est pas les femmes, qui sont le plus souvent chargé de pousser la pompe pour en sortir l’eau que les femmes porteront au village. Ici le confort est illusion pour beaucoup, un rêve pour certains, un souvenir pour moi.

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ce sont les enfants ou adolescents, lorsque Ce n’est pas les femmes, qui sont le plus souvent chargé de pousser la pompe pour en sortir l’eau

On vit finalement avec le strict mininum mais sans manquer de rien. On dort sur une natte, parfois sur un banc, on mange pour se nourrir et non pas par plaisir du goût et puis il n’y a pas de système social mais la famille le remplace et faute d’électricité -hormis dans les plus gros village- même les TV se font rare. Aussi rare peut-être que les SDF et plus que jamais les habitants mélangent ce paradoxe, celui de vouloir partir tout en sachant, inconsciemment, se contenter de ce qu’ils ont.

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Plusieurs litres d’eau sur la tête

Une région proches de zones dangereuses

Presque l’entier de la population se retrouve au chômage c’est à dire sans salaire n’y aide du gouvernement aussi chacun survit comme il peut, en vendant du riz au marché, improvisant une cafétéria où le nescafé en poudre demeure le roi, en faisant frire des beignets dans la rue ou troquant ses biens contre d’autres. J’ai sous les yeux n’ont pas un autre monde qui défile mais peut-être bien une autre époque.

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J’ai sous les yeux n’ont pas un autre monde qui défile mais peut-être bien une autre époque.

Pourtant tout au long de ma route au Burkina Faso de nombreuses personnes m’auront touché de par leur simple et authentique bienveillance à mon égard, transformant cette région magnifique du Burkina Faso en véritable coup de coeur tant les jours que j’y ai passé ont été agréable et magnifique.

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Véritable coup de coeur tant les jours que j’y ai passé ont été agréable et magnifique.

 

D’une douceur inattendue à cet instant du voyage, comme pour me rappeler peut-être que l’Afrique ce n’est pas encore terminé pour moi et qu’il va me falloir garder l’esprit ouvert si je ne veux pas passer ces derniers mois en simple traversée. Une douceur paradoxale elle aussi avec de nombreuses parties du Sahel qui aujourd’hui compte parmi les plus dangereuse qu’un voyageur puisse traverser. Mais comment l’attitude des gens que je croisent peut-elle trancher autant avec celle de ceux qui les terrorisent, un peu plus au nord ?

 

Lorsque je rejoins Dori, petite ville du Sahel, je sais bien que ma remontée Sur le nord, ce détour là, s’arrête ici. La situation ne me permet pas de continuer sereinement et de toute manière la police ne me laisserait jamais passer. Comme prévu je redescend au sud, direction Ouagadougou la capitale. Je laisse déjà le Sahel, magnifique et prenant, derrière moi.

Et avec lui c’est beaucoup de sourire que je laisse derrière moi également.

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Je laisse déjà le Sahel, magnifique et prenant, derrière moi. Et avec lui c’est beaucoup de sourire que je laisse derrière moi également.

Olivier Rochat

Mon Ami Burkina!

Km 43’971, Bilanga, Burkina Faso.

Petite poème pour petit coup de cœur écrit rapidement après mon arrivée au Burkina Faso.

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« Le Burkina Faso ?
Je ne l’aime pas
Tu sais tout ces vélos
Qui passe à tue vas

Et puis ces pistes
Et tout ces gens à bicyclette
Mon dieu c’est d’un « triste »
D’un autre siècle

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Sans compter les motos
Qui s’arrêtent en passant
Te demander juste un mot
Mais qu’est-ce ce qui leur prend ?

Et puis ces sourires
On dirait… Je sais pas
Qu’ils sont fière de le dire
Leur bonheur ici bas

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Parfois j’me demande mais qu’est ce que fous là
Dans ce pays qui fût guerre
Mais qui depuis Sankara
S’écrit « Homme Intégre »

Non le Burkina je l’aime pas
Malgré 30 mois en Afrique
Tu le sais pas à pas
La j’me dit et le fric ?

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Il est où ?
Et le stress ?
Il est où ?
Putain ma détresse !

Non mais ça craint
Sérieux c’est pas possible
C’est comme être bien
En beaucoup moins pénible

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Non moi j’le comprends pas
Trop humain trop intégre
Mon ami Burkina
Plus douceur que de l’aigre

Et pi tu le vois
Jlui demande à dormir
Planter tente juste là
Mais pas de moyen de r’partir

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Tiens voici un lit !
Et pis il s’en excuse
C’est pour toi qu’il me dit
Mais au fond il m’amuse

C’est pourquoi mon ami Burkina
Et jel’dirai s’il faudra encore
C’est sûr je l’aime pas
Puisqu’au fond je l’adore. »

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Olivier Rochat